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Rentrée littéraire

Comme chaque année, la rentrée littéraire s’ouvre avec le dernier roman d’Amélie Nothomb.

Je ne le lirai pas, préférant consacrer mon temps à d’autres romans.

Dans les 560 romans de la rentrée, il y a des auteurs connus, reconnus et inconnus.

Parmi les inconnus, Négar Djavadi publie son premier roman, Désorientale, aux éditions Liana Levi :

Dans une salle d’attente d’hôpital parisien, Kimiâ – jeune iranienne exilée en France depuis ses dix ans- se remémore son enfance à Téhéran, en attendant son tour pour une insémination artificielle.

Le père de Kimiâ, Darius Sadr entre en politique en écrivant une lettre virulente au Shah. Puis Khomeiny arrive au pouvoir, et l’opposition de Darius ne faiblit pas. Sa vie est menacée, et celle de sa famille avec. Kimiâ et ses deux grandes soeurs doivent très tôt faire face à  la peur, la violence, l’angoisse. Puis la fuite, nécessaire. Kimiâ arrive à Paris après avoir traversé les montagnes du Kurdistan à cheval avec sa mère et ses sœurs.

Désorientale est un premier roman dense et fort, une fresque historique et politique sur l’Iran dans les années 60-70, parsemé de musique rock ( la B.O. du livre ici ).

Extrait:

À Paris, mon père, Darius Sadr, ne prenait jamais d’escalator. La première fois que je suis descendue avec lui dans le métro, le 21 avril 1981, je lui en ai demandé la raison et il m’a répondu: «L’escalator, c’est pour eux.» Par eux, il entendait vous évidemment. Vous qui alliez au travail en ce mardi matin d’avril. Vous, citoyens de ce pays, dont les impôts, les prélèvements obligatoires, les taxes d’habitation, mais aussi l’éducation, l’intransigeance, le sens critique, l’esprit de solidarité, la fierté, la culture, le patriotisme, l’attachement à la République et à la démocratie, avaient concouru durant des siècles à aboutir à ces escaliers mécaniques installés à des mètres sous terre.

À dix ans, je n’avais pas conscience de toutes ces notions, mais le regard désarmé de mon père – attrapé durant les mois passés seul dans cette ville et que je ne lui connaissais pas – m’ébranla au point qu’aujourd’hui encore, chaque fois que je me trouve face à un escalator, je pense à lui.

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Désorientale, de Négar Djavadi, éditions Liana Levi, parution le 25-08-16, 22€