1 bis rue Toul-al-Laër Quimper 09.82.32.84.11

Coups de cœur

La sélection des coups de cœur de Librairie & curiosités !

9782221195659Arnaud Le Guilcher nous avait fait beaucoup rire avec ces précédents romans: « En moins bien », « Pas mieux », « Pile entre deux » et « Ric-Rac ».

Pour son cinquième roman, il revient avec un tonitruant « Capitaine Frites », aux éditions Robert Laffont.

« Capitaine Frites » c’est l’historie d’Arthur, qui fuit son quotidien et son monstre de femme en partant travailler en Afrique. Sa mission est d’introduire une nouvelle espèce de poisson dans le fleuve Konghia dans l’état du même nom, situé au centre de l’Afrique. Evidemment, tout ne va pas se dérouler comme prévu.

Même si mon grand coup de coeur est « Pile entre deux », je n’ai pas pu éviter de nombreux fous rires à la lecture de « Capitaine Frites ». Arnaud Le Guilcher est toujours aussi barré et la lecture de son roman est réjouissante. C’est la petite friandise de la rentrée littéraire.

Dans l’expression « courir en boubou », il y a deux choses qui me perturbent:

1) Courir.
2) En boubou.

En bref, si vous aimez les poissons, que vous n’êtes pas sportif et que vous haïssez le djembé, « Capitaine Frites » vous tend les bras !

Capitaine Frites, Arnaud Le Guilcher, éditions Robert Laffont, 19,50€

Wet Eye GlassesDésorientale, de Négar Djavadi

Dans une salle d’attente d’hôpital parisien, Kimiâ – jeune iranienne exilée en France depuis ses dix ans- se remémore son enfance à Téhéran, en attendant son tour pour une inséminati
on artificielle.

Le père de Kimiâ, Darius Sadr entre en politique en écrivant une lettre virulente au Shah. Puis Khomeiny arrive au pouvoir, et l’opposition de Darius ne faiblit pas. Sa vie est menacée, et
celle de sa famille avec. Kimiâ et ses deux grandes soeurs doivent très tôt faire face à  la peur, la violence, l’angoisse. Puis la fuite, nécessaire. Kimiâ arrive à Paris après avoir traversé les montagnes du Kurdistan à cheval avec sa mère et ses sœurs.

Désorientale est un premier roman dense et fort, une fresque historique et politique sur l’Iran dans les années 60-70, parsemé de musique rock ( la B.O. du livre ici ).

Extrait:

À Paris, mon père, Darius Sadr, ne prenait jamais d’escalator. La première fois que je suis descendue avec lui dans le métro, le 21 avril 1981, je lui en ai demandé la raison et il m’a répondu: «L’escalator, c’est pour eux.» Par eux, il entendait vous évidemment. Vous qui alliez au travail en ce mardi matin d’avril. Vous, citoyens de ce pays, dont les impôts, les prélèvements obligatoires, les taxes d’habitation, mais aussi l’éducation, l’intransigeance, le sens critique, l’esprit de solidarité, la fierté, la culture, le patriotisme, l’attachement à la République et à la démocratie, avaient concouru durant des siècles à aboutir à ces escaliers mécaniques installés à des mètres sous terre.

À dix ans, je n’avais pas conscience de toutes ces notions, mais le regard désarmé de mon père – attrapé durant les mois passés seul dans cette ville et que je ne lui connaissais pas – m’ébranla au point qu’aujourd’hui encore, chaque fois que je me trouve face à un escalator, je pense à lui.

Désorientale, de Négar Djavadi, éditions Liana Levi, parution le 25-08-16, 22 €

 

L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

Présentation de l’éditeur :

Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède… Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, un roman à l’humour et à l’imagination délirants.

Attila* est une maison d’édition qui propose des textes dont je suis rarement déçue.

Mais j’avoue que là, ils ont fait fort!

L’année 2013 commence donc très bien avec la lecture du roman d’Andrus Kivirähk, L’homme qui savait la langue des serpents.

Un livre aussi étonnant que drôle, une fable poétique et politique à la fois.

Cela faisait bien longtemps que je n’avait pas lu un livre si surprenant!

*Les éditions Attila se sont scindées en deux: Le Nouvel Attila et Le Tripode. Andrus Kivirähk est dorénavant édité chez Le Tripode. 23€ et 13.90€ dans la collection Météores (format semi-poche)

 

Vanille ou chocolat

Vanille ou chocolat ? , Jason Shiga

Vous souvenez-vous du« livre dont vous êtes le héros » , très en vogue dans les années 1980?

Voici la version extrême concoctée par Jason Shiga.

Dans cette bd révolutionnaire, vous êtes Jimmy, et vous devez choisir entre deux parfums de glace : vanille ou chocolat. Suivant votre choix, vous allez peut-être entrainer une fin du monde précipitée , vous retrouvez en couches culottes ou simplement arriver à la fin de l’histoire. Ou plutôt la fin des histoires, car 3856 scénarios sont possibles.

Vanille ou Chocolat ? propose une expérience de lecture pleine de surprises, terriblement excitante, et véritablement plaisante, grâce à l’humour si particulier de Jason Shiga.

De 10 à 90 ans.

Éditions Cambourakis, 18,50 euros

 

Soie

Soie, Alessandro Baricco, illustré par Rebecca Dautremer

J’avais oublié à quel point c’est agréable de lire un album illustré. Petit retour en enfance avec cette v
ersion de Soie, d’Alessandro Baricco, illustré par Rebecca Dautremer.
Le roman y est présent dans son intégralité. Les dessins de Rebecca Dautremer y pénètrent tout en douceur.

Un livre à lire, ou à relire, car les images de Rebecca Dautremer apportent une poésie supplémentaire. Ses images comme sont des flottements, qui suggèrent un bref moment, une apparition.

Premier ouvrage des éditions Tishina, Soie est aussi un très bel objet : la couverture se déplie pour se transformer en poster, l’impression est de grande qualité.

Éditions Tishina, 27 euros

 

Rue des voleurs, Mathias Enard

« Le 17 Décembre 2010, Muhammed Bouazizi, marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi Bouzid et déclenche la Révolution tunisienne. La révolte naît du désespoir; elle commence par porter la main sur soi, par un sacrifice. La perte de patience. Le suicide ou l’action. Le Printemps arabe, longtemps attendu, commence dans la mort.

“ L’arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l’élan d’une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre ” : ainsi Camus terminait-il son Homme révolté. Les mois qui ont suivi ont vu la défaite de dictateurs sous les coups de la révolte, la difficulté de l’établissement de la justice et de la démocratie, les victoires des partis islamistes au Maroc, en Tunisie, en Égypte. Aujourd’hui, une guerre terrifiante se poursuit en Syrie; la campagne présidentielle française a atteint des sommets de xénophobie et de bêtise, la crise économique jette l’Europe du Sud dans la violence et la tentation du fascisme.

Tout cela m’est apparu comme différents visages d’un même combat en cours, le combat pour la liberté, pour le droit à une existence digne, qu’il se livre en Tunisie, en Égypte, en Espagne ou en France.

J’ai entrepris de raconter ces luttes, à travers un voyage dans ce champ de bataille qu’est notre univers – Tanger, Tunis, Algésiras et Barcelone en sont les principales étapes. Un roman d’aventures, de l’aventure tragique du monde d’aujourd’hui. On y croisera des jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur, d’autres qui n’en rêvent plus, des islamistes, des musulmans, des mendiants, des putains, des voleurs – et des livres, beaucoup de livres, qui restent, en définitive, avec le feu, la seule façon de combattre les ténèbres. »

Mathias Énard

 

Tanger, 2011.

Le printemps arabe commence.

Lakhdar, jeune tangérois, aime les livres, mais surtout les polars français.

Il est musulman, mais aime regarder les filles en buvant des bières avec son ami Bassam.

Il rêve d’Europe mais aime Tanger. Lakhdar est jeune, il doute, il rêve, il veut vivre libre.

Lakhdar est chassé de chez lui pour avoir aimé sa cousine. Il erre plusieurs mois avant d’être sauvé de la rue par des islamistes qui l’emploient comme libraire.

Sa rencontre avec Judith, jeune touriste espagnole, le conduit à Barcelone, non sans mal.

Éditions Actes Sud, 21,50 euros et chez Babel 8.70€.

 

L'autre fin du monde

L’autre fin du monde, Ibn Al Rabin (Nouvelle édition)

Voilà donc une nouvelle édition du chef d’œuvre d’Ibn Al Rabin, épuisé depuis un certain temps déjà. Un peu plus petit, nettement moins cher!

1096 pages de bande dessinée minimaliste à l’épreuve des balles et des mauvaises langues, voilà de quoi est composé L’autre fin du monde. Mais derrière cette gageure (faire un livre de plus de mille pages, donc) en forme de pied de nez, se cache un récit en demi-teinte sur l’amour et la mort, et surtout sur l’amour après la mort.

Sans en avoir l’air, Ibn Al Rabin se paye le luxe ici d’être tout à la fois drôle ET émouvant. Un pavé qui vaut son pesant de cacahuètes et qui a su faire parler de lui pas simplement à cause de son format.

Sélectionné en 2007 au festival d’Angoulême.

Éditions  Atrabile, 36 euros

Aucun commentaire jusqu'à présent.

Laisser un commentaire